K-K-K-Katy

Année de l'intronisation: 2016
Époque d'intronisation : Époque des Pionniers
Année de composition :1917
Parolier(s) :Geoffrey O'Hara
Compositeur(s) :Geoffrey O'Hara

Le chef-d’œuvre comique de Geoffrey O’Hara K-K-K-Katy est sans aucun doute l’une des plus célèbres chansons « bègues » et également l’une des plus populaires de l’époque de la Première Guerre mondiale.

Il existe plusieurs histoires concernant la genèse de K-K-K-Katy. Geoffrey O’Hara l’aurait soit écrite alors qu’il visitait Kingston ou chez lui à Chatham, Ontario, mais comme il l’a un jour déclaré au magazine « Maclean’s », il est possible également qu’il l’ait écrite alors qu’il était affecté à Fort Oglethorpe, en Géorgie. On dit que la première fois que la chanson a été présentée en public fut lors d’une « garden-party » visant à amasser des fonds pour la Croix-Rouge à Collins Bay, en Ontario. Quant à la « Katy » en question, il est vraisemblable qu’il s’agisse de Katherine Richardson, une amie de sa sœur. Quoi qu’il, en soit, O’Hara a présenté sa chanson à répondre aux troupes affectées dans le sud des États-Unis, où il enseignait le chant dans l’armée américaine. C’est là que l’éditeur de musique Leo Feist a entendu la chanson pour la première fois. Et comme le veut l’adage, le reste appartient à l’histoire. K-K-K-Katy a conquis le monde à la vitesse de l’éclair grâce aux 78 tours, partitions et au bouche-à-oreille alors que les troupes canadiennes, américaines et britanniques marchaient sur l’Europe.

En mars 1918, Feist a publié la partition pour piano et voix avec le sous-titre « La bégayante sensation que chantent tous les soldats et les matelots ». Sur la page couverture, on pouvait voir un jeune homme en uniforme tenant timidement la main d’une jeune femme aux longues boucles brunes ornées d’un bonnet et portant une robe vichy.

Parfait exemple de chanson fantaisiste, K-K-K-Katy comporte deux couplets et le célèbre et jovial refrain en mi bémol majeur dans lequel les mots bégayés sont chantés en triolet. Le Jimmy dont il est question dans la chanson est un brave soldat qui perd ses moyens et bégaye en présence d’une jolie fille.

La version légèrement modifiée du populaire ténor Billy Murray qu’il a enregistré le même mois pour Victor a connu beaucoup de succès. Le 78 tours proposait la chanson « A Submarine Attack » sur la face B et on pouvait s’en procurer un exemplaire pour 90 cents (environ 15 $ en dollars de 2016) dans les grands magasins. La chanson est devenue si populaire qu’à la fin de l’année 1918, elle avait été enregistrée par Eugene Buckley (un pseudonyme d’Arthur Fields), les Marconi Brothers, Arthur Hall, John McDermott et Robert Lloyd. Conscient de l’engouement pour les chansons patriotiques, Feist a également publié K-K-K-Katy dans le recueil de chansons patriotiques « Songs the Soldiers and Sailors Sing » (« Les chansons que chantent les soldats et les matelots ») qui prétendait être « des musiques qui nous aideront à gagner la guerre », en plus d’en publier des versions pour quatuor de voix masculines, pour petits ensembles et pour grands orchestres.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que K-K-K-Katy fut un immense succès, la partition s’étant écoulée à plus de 1,5 million d’exemplaires dès 1921. (Geoffry O’Hara ne touchant toutefois qu’un cent par partition vendue.) Inévitablement, des imitations ont également vu le jour, dont notamment The Daughter of K-K-K-Katy Loves a Nephew of Uncle Sam.

Sans surprise, K-K-K-Katy a connu un regain de popularité lors de la Deuxième Guerre mondiale et elle a été enregistrée par les Mellomen Quartet, Ray Benson and His Orchestra, Buddy Clark et Mel Blanc. Sa popularité ne s’est pas démentie dans les années 50 également, alors que The Four Sergeants, The West Point Cadet Glee Club, Meyer Davis and his orchestra ainsi que le pianiste ragtime Johnny Maddox l’ont tous reprise. Sa mélodie a été remise au goût du jour une fois de plus lors de la guerre du Golfe alors qu’elle a été adaptée avec le titre K-K-K-Kuwaitis sur l’album « Sheik, Rattle & Roll » par le groupe satirique Capitol Steps. Bien qu’elle ait 90 ans, cette chanson est aujourd’hui une incountournable des anthologies et compilations de musique de l’époque de la Première Grande Guerre.

Des émissions de télé comme « The Waltons », « Perry Como’s Kraft Music Hall », et « Boardwalk Empire » ont toutes utilisé K-K-K-Katy comme référence culturelle de cette époque et elle a été interprétée dans les films de guerre « Pack Up Your Troubles » (1932), « The Shopworn Angel » (1938), « Tin Pan Alley » (1940), « For Me and My Gal » (1942), et « The Fighting Rats of Tobruk » (1944), et la célèbre « The Way We Were » (1973) avec Barbra Streisand et Robert Redford lui fait également référence.

Aux côtés de Pack Up Your Troubles et It’s a Long Way to Tipperary, K-K-K-Katy est sans aucun doute l’une des chansons légendaires de l’époque 1914-1918.

Geoffrey O’Hara (1882-1967) est un auteur, compositeur, chanteur et musicien canado-américain qui est né et a grandi à Chatham, en Ontario. Il a commencé sa vie professionnelle comme caissier dans une banque et a plus tard écrit des chansons d’art, populaire et des hymnes qui ont connu beaucoup de succès. Membre en règle d’ASCAP, il a enseigné la création de chansons à la Columbia University.

K-K-K-Katy
Geoffrey O'Hara

Vidéo

Paroles


Audio

Lecture K-K-K-Katy by Billy Murray