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Robert Charlebois

Année de l'intronisation: 2010
Origine: Montréal, Québec
© Photo Credit Library & Archives Canada

Géant de la chanson et du rock québécois, Robert Charlebois a influencé le son de toute une génération de musiciens, transformant le paysage musical québécois en 1968, nanti d’une simple guitare électrique, d’une idée et de ses mots.

Robert Charlebois voit le jour à Montréal, le 25 juin 1944. Dès son adolescence, alors qu’il poursuit ses études classiques, il sent poindre en lui une âme d’artiste. À 16 ans, il chante en première partie de Félix Leclerc et remporte le Grand Prix du Festival du disque pour sa chanson La boulée. Il ne tarde pas à laisser les études classiques pour se diriger vers l’École Nationale du Théâtre, où il rencontre Mouffe en 1962. Ensemble, ils créent des textes destinés à nombre de spectacles et chansons. Depuis, Robert Charlebois s’est établi dans toute la francophonie comme une figure essentielle du rock francophone.

L’année 1967 marque le début d’une nouvelle ère. Charlebois, qui a déjà deux albums et Chansonnier à son actif, lance un troisième album, Demain l’hiver, aux sonorités plus électriques. La pochette conçue par Robert Barbeau arbore Charlebois faisant la moue, coiffé d’un simple casque de soldat fleuri. L’album contient quelques-uns de ses plus grands succès, dont Demain l’hiver et Marie-Noël, et confirme à nouveau son talent indéniable de poète et de compositeur. Avec Mouffe et son ami Jean-Guy Moreau, Charlebois présente une nouveau spectacle parodique, Terre des Bums, lors de l’Exposition universelle de 1967, baptisée « Terre des Hommes. »

Cette même année, il séjourne pendant trois mois en Californie. Ce voyage se révèle formateur pour lui: « Au lieu de faire l’université de musique ou d’arrangements musicaux, j’ai fait ce voyage. C’est mon Berkeley à moi. » Sa musique et ses textes reflètent alors cette nouvelle influence, celle de l’anticonformisme, de la contre-culture, du joual, de la musique rock et des drogues. À l’époque, le Québec était dans l’amorce de la Révolution Tranquille, se battant contre les représailles de l’Église catholique et contre l’oppression économique subie par les québécois francophones. L’hymne Lindberg, chanté avec Louise Forestier et découlant de l’expérience californienne, crée une onde de choc au Québec de par l’usage poétique du joual et de jurons catholiques.

En septembre 1968, Robert Charlebois pousse cette idée de transgression encore plus loin et triomphe avec L’Osstid’show, un spectacle rafraîchissant et débordant de créativité, d’audace, d’humour et d’aspiration au changement. Le spectacle met en vedette Charlebois, la jeune chanteuse excentrique Louise Forestier, Mouffe, le satiriste Yvon Deschamps et le Quatuor de Jazz Libre du Québec. Mouffe se rappelle : « C’était une période où tout était en révolution, tout était en changement, c’était l’ébullition constante. »

S’en suivent une tournée internationale pour Charlebois et Forestier, qui se produisent notamment à l’Olympia de Paris, et de nombreux prix, dont, en 1969, le Grand Prix du Festival de la chanson française de Spa, en Belgique, pour Lindberg en 1970, et le Premier Prix du Festival de Sopot, en Pologne, pour Ordinaire, écrite par Mouffe. En 1969, Charlebois participe au Pop Festival de Toronto, puis vole la vedette aux membres du mythique groupe Steppenwolf alors qu’il assurait la première partie de leur spectacle au Forum de Montréal.

En 1970, il fait la partie de la célèbre tournée ferroviaire Festival Express, et traverse le Canada d’un océan à l’autre aux côtés de Janis Joplin, The Grateful Dead et The Band.

Dans les années 1970, Charlebois s’allie à l’auteur Réjean Ducharme et continue d’accumuler les succès au Québec, avec des titres tels que Conception, Fu Man Chu et The Frog Song. En compagnie d’artistes de renom de la chanson québécoise, il participe à quelques grands événements de l’histoire de la musique du Québec. En 1974, la Superfrancofête du Festival international de la jeunesse francophone réunissait Gilles Vigneault, Félix Leclerc et Robert Charlebois sur une même scène, devant plus de 100 000 personnes pour le spectacle J’ai vu le loup, le renard, le lion.

En 1975, Charlebois partage la vedette avec Miou-Miou, Terrence Hill et Klaus Kinski, dans le film Un génie, deux associés, une cloche, du légendaire réalisateur de Westerns Spaghetti, Sergio Leone.
Charlebois retrouve Gilles Vigneault et Yvon Deschamps le 23 juin 1976, pour le spectacle 1 X 5, avec Claude Léveillée et Jean-Pierre Ferland. Le spectacle, qui avait lieu sur la colline du Mont-Royal, attire plus de 300 000 spectateurs. L’album tiré de ce spectacle obtient le prestigieux Prix de l’Académie Charles-Cros.

Robert Charlebois reçoit de multiples prix et distinctions tout au long de sa fructueuse carrière: le Prix de l’Académie Charles-Cros, la Médaille d’or des Olympiades de la chanson, le Prix de la Ville de Paris, la Médaille Vermeil de l’Académie française et le Prix du Gouverneur Général du Canada pour les arts de la scène. Enfin, en 1993, l’ADISQ lui décerne un Félix Hommage pour l’ensemble de son œuvre. L’album double Tout écartillé, paru en février 2006, offre pour la première fois en disque compact 35 des plus grandes chansons de son répertoire.

Le répertoire de chansons de Robert Charlebois est toujours actuel, autant par le propos que par la musique. Un répertoire éminemment puisant livré en spectacle par un Charlebois au summum de sa forme, en pleine possession de ses moyens.

Son influence, encore palpable et bien vivante au Québec et dans toute la francophonie, se constate à l’écoute des plus récents albums d’artistes de la nouvelle génération, tels que Les Cowboys Fringants, Jean Leloup ou Les Colocs. Charlebois, véritable bête de scène, poursuit aujourd’hui ses apparitions en concert et à la télévision. En octobre 2009, il a repris les routes du Québec avec un tout nouveau spectacle AVEC TAMBOUR NI TROMPETTE.

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Robert Charlebois est intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens (PACC)
L'auteur-compositeur Robert Charlebois est intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens par Marcel Sabourin à la cérémonie d’intronisation en 2010.
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