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William Eckstein

Année de l'intronisation: 2006
Origine: Pointe St-Charles (Montréal), Québec
1888-1963

Pionnier du ragtime et du piano jazz au Canada, William Eckstein a toujours été à l’avant-garde de la musique de danse populaire des années 1920 et 1930.

Bien que les véritables racines du ragtime tiennent de la musique classique européenne, Eckstein s’est spécialisé dans une version plus moderne du rag, avec ses passages flamboyants et son degré de difficulté technique plus élevé. En 1919, Eckstein a été un des premiers Canadiens à jouer en direct à la radio, sur la station montréalaise XWA (CFCF).

Eckstein est né en 1888 à Pointe St-Charles, qui fait maintenant partie de Montréal, et se mit à l’étude du piano classique dès l’âge de trois ans. À quatre ans, il joua déjà dans des églises et des concerts bénéfices de centres communautaires des quatre coins de la ville. Eckstein fut vite reconnu comme un enfant prodige et à l’âge de 12 ans, l’Université McGill lui offrit une bourse pour étudier le piano. Mais, avec 14 enfants, sa famille avait de la difficulté à joindre les deux bouts. Eckstein déclina l’offre et opta plutôt de gagner sa vie comme musicien de variétés. Au cours de sa carrière sur la scène du music-hall, Eckstein joua du piano à Broadway et dans des tournées au Canada et aux États-Unis; il fut surnommé « le jeune Paderewski », d’après le célèbre pianiste polonais Ignacy Jan Paderewski. Ses engagements furent des plus variés, jouant à l’occasion de l’Exposition nationale du Canada et même à la Maison Blanche, pour le président Theodore Roosevelt.

En 1906, Eckstein quitta le monde du music-hall pour revenir à Montréal et travailler comme pianiste de cinéma muet au Strand Theater. Salué comme « le plus grand interprète de cinéma à travers le monde », il fut surnommé Mr. Fingers, en référence à son extraordinaire doigté. Eckstein s’imposa également comme auteur-compositeur, écrivant les rags pour piano Delirious Rag et Perpetual Rag, avec son protégé Henry Thomas, qui en réalisa par la suite les enregistrements. Eckstein et Thomas collaborèrent de nombreuses autres chansons dont You Are My All in All et Goodbye Sunshine, Hello Moon.

En 1920, Eckstein élargit son champ d’activités, composant et jouant avec l’un des premiers orchestres de jazz de Montréal, le Eckstein’s Jazz Orchestra, dirigé par son frère Jack Eckstein. Eckstein fut aussi pianiste soliste pour l’étiquette Victor, réalisant de nombreux enregistrements sous le pseudonyme de Vi Palmer. Un des enregistrements les plus importants d’Eckstein fut peut-être Maple Leaf Rag en 1923, écrit par Scott Joplin et le premier 78 tours d’un pianiste en solo.

En 1930, l’invention du cinéma parlant mit fin à la carrière d’Eckstein au Strand Theater. Eckstein ne se découragea pas pour autant, se tournant vers le cabaret, puis vers les émissions de radio et de télévision, pour s’installer finalement au Château Sainte-Rose, une boîte de nuit de Montréal. Ses concerts se comportaient de duos au piano avec les plus grandes figures du jazz, dont Robert Langlois. En 1959, Eckstein confirma à nouveau sa place dans l’histoire canadienne du jazz en composant et en interprétant l’hymne patriotique Queen of Canada, en l’honneur de la visite de la reine Elizabeth II. Cette chanson fut acclamée sur la scène internationale et valut à Eckstein des lettres de remerciement du Palais de Buckingham, du Gouverneur général et du premier ministre John Diefenbaker.

En mai 1963, des amis, des membres de sa famille et des admirateurs d’Eckstein organisèrent une grande soirée pour souligner l’ensemble de son œuvre. Cela fut la dernière prestation en public d’Eckstein, qui, le même soir fut frappé d’un grave accident cérébro-vasculaire et en décéda quatre mois plus tard, le 23 septembre 1963. William Eckstein consacra sa vie à maîtriser son art, inspirant et ouvrant la voie à de nombreux pianistes de jazz canadiens, dont Oscar Peterson et Vera Guilaroff, une autre protégée d’Eckstein, qui collabora avec lui à de nombreuses chansons et de concerts radiophoniques. La musique d’Eckstein demeure toujours populaire aujourd’hui, comme en témoigne les enregistrements de la chanteuse de jazz Sarah Vaughn et de la pianiste québécoise Mimi Blais.

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S'Nice (Sam Howard & William Eckstein) - Interprétation de Louise Pitre
"S'Nice", écrite et composée par Sam Howard et William Eckstein, est interprétée par Louis Pitre, actrice et chanteuse, lors de la cérémonie d'intronisation 2006 du PACC.
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